Le chapitre « Lü Xing » du Shang Shu s'ouvre en nommant l'occasion : « le roi avait tenu le royaume cent ans, était vieux, et fit largement le code pénal pour mettre en ordre les quatre contrées » (惟呂命:王享國百年,耄,荒度作刑,以詰四方). Quel roi, la page ne le dit pas. Les « Annales des Zhou » du Shiji placent l'occasion sous le roi Mu et nomment l'orateur le Marquis de Fu. Le même corps de texte nous parvient sous deux titres : une page l'appelle le Lü Xing, l'autre dit « il fut nommé le Fu Xing » (命曰甫刑).
Marque, nez, pieds, castration, mort
Les cinq peines sont énumérées par le passage de la rédemption : mo (marque), yi (nez coupé), fei (pieds coupés), gong (castration) et dapi (mort). Le chapitre raconte d'abord comment le code vint : le peuple Miao « n'usa pas du bon, fit loi par la peine, et fit les cinq peines cruelles, les appelant loi, tuant les innocents » (苗民弗用靈,制以刑,惟作五虐之刑曰法,殺戮無辜); le Ciel retrancha donc les Miao. Viennent ensuite Bo Yi avec les rites, Yu avec les eaux et Hou Ji avec le grain, et alors seulement « les officiers firent vivre le peuple au milieu de la peine, pour enseigner la vertu respectueuse » (士制百姓于刑之中). La peine est posée après un récit de vertu et de maîtrise des eaux, avant de devenir un barème. Le Shiji écrit les mêmes cinq comme qing (marque), yi, bin (pieds), gong et dapi : qing pour mo, bin pour fei — deux façons d'écrire, non deux séries de peines.
Puis les nombres : « la catégorie de la marque a mille articles, celle du nez mille, celle des pieds cinq cents, celle de la castration trois cents, celle de la mort deux cents ; les cinq peines ont trois mille articles » (墨罰之屬千……五刑之屬三千). Mille, mille, cinq cents, trois cents, deux cents, trois mille en tout. Ce sont des articles d'un code, non des affaires ; le texte ne va pas plus loin et ne dit jamais combien de fois un article fut appliqué.
Cent huan pour la marque
Les prix sont disposés régulièrement : « pour la marque, quand l'affaire est douteuse, il y a remise, et l'amende est de cent huan, et le crime est vérifié ; pour le nez, quand il y a doute, l'amende est double, et le crime est vérifié ; pour les pieds, quand il y a doute, l'amende est double-et-différenciée, et le crime est vérifié ; pour la castration, quand il y a doute, l'amende est de six cents huan, et le crime est vérifié ; pour la mort, quand il y a doute, l'amende est de mille huan, et le crime est vérifié » (墨辟疑赦,其罰百鍰……大辟疑赦,其罰千鍰). Cent huan pour la marque, le double pour le nez, « double-et-différenciée » pour les pieds, six cents pour la castration, mille pour la mort ; et chaque clause se termine par « le crime est vérifié » (閱實其罪). « Double » et « double-et-différenciée » sont des chiffres relatifs, et aucune page n'en donne l'arithmétique, donc aucune n'est fournie ici ; les chiffres de huan sont cités tels quels, sans conversion en poids de métal ni en monnaie moderne.
Le Shiji a un passage parallèle, proche par les mots, et les variantes se voient : « pour la marque, quand il y a doute, l'amende est de cent shuai … pour le nez, l'amende est double … pour les pieds, double-et-différenciée … pour la castration, cinq cents shuai … pour la mort, mille shuai », et « il fut nommé le Fu Xing » (命曰甫刑). Deux choses à noter : le prix de la castration — la page du Lü Xing lit six cents huan, sa propre variante lit cinq cents, et le Shiji porte cinq cents shuai ; et l'unité — le Shiji écrit shuai, et une note de la page cite Xu Guang selon qui « shuai est huan » (率即鍰也). Le Shiji lit aussi « les cinq discours sont simplement crus » (五辭簡信) là où le Lü Xing a « les cinq discours sont simplement dignes de foi » (五辭簡孚) — un caractère d'écart.
Où la peine est douteuse, il y a remise
La clé de tout le système de rédemption est la formule yi she, « où il y a doute, remise » : « là où les cinq peines sont douteuses il y a remise ; là où les cinq amendes sont douteuses il y a remise ; que l'affaire soit soigneusement examinée » (五刑之疑有赦,五罰之疑有赦,其審克之). Seule une affaire douteuse prend le chemin de la peine à l'amende, et « que l'affaire soit soigneusement examinée » met ce jugement sur le juge. Chaque prix est suivi de « le crime est vérifié » : les faits sont établis d'abord, l'amende fixée ensuite. Ce n'est donc pas « payer et échapper à la peine ». Ce qui pouvait être racheté était une affaire douteuse, non n'importe quelle offense ; et le texte ne dit jamais qui paya, ni combien fut jamais payé.
Le même chapitre a une procédure qui ressemble à un frein sur le système : « quand les deux parties sont présentes, les officiers entendent les cinq discours ; quand les cinq discours sont crédibles, ils sont réglés par les cinq peines ; quand les cinq peines ne conviennent pas, ils sont réglés par les cinq amendes ; quand les cinq amendes ne sont pas acceptées, ils sont réglés par les cinq fautes ; les défauts des cinq fautes sont ceux-ci : la charge, le renversement, l'intérieur, les biens, la sollicitation » (兩造具備……五過之疵,惟官、惟反、惟內、惟貨、惟來). Puis : « soyez clairs sur les discours d'un seul côté » (明清于單辭), « les biens d'une affaire ne sont pas un trésor » (獄貨非寶), « ce ne sont pas les éloquents qui jugent les affaires, mais les bons » (非佞折獄,惟良折獄), et « les peines sont légères en un âge et lourdes en un autre ; seul l'équilibré n'est pas équilibré ; il y a ordre et il y a résumé » (刑罰世輕世重). Ces clauses montrent le texte se gardant de l'abus ; ce sont encore des clauses, non des archives d'affaires.
Un code, non un registre
Aucune des deux pages ne donne une affaire. Pas de nom de prévenu, pas de rédemption réelle, pas d'année où un article fut appliqué, rien sur la manière dont le barème fonctionnait dans les divers États. Le Lü Xing est partout une proclamation à la voix du roi, avertissant les officiers qui détiennent la justice et la loi de « penser à ceci » et de « révérer ceci » ; le passage du Shiji est une rétrospective des Han occidentaux qui explique l'occasion — « quand les nobles n'étaient pas en paix, le Marquis de Fu parla au roi et fit le code pénal révisé » (甫侯言於王,作《修刑辟》) — et se ferme sur « il fut nommé le Fu Xing ». Ensemble, les deux pages soutiennent « le texte dit ceci », non « la justice des Zhou occidentaux fonctionnait ainsi ».
Titre et date doivent aussi être tenus à part. Le Shang Shu intitule le chapitre Lü Xing et n'appelle l'orateur que « le roi » ; le Shiji dit Marquis de Fu et Fu Xing, et place le roi sous le roi Mu. L'opinion courante est que le Marquis de Lü (ou Fu) fut ministre de la justice du roi Mu et fit ce code ; aucune page ne le dit carrément, donc cela ne peut être marqué que « généralement ». Cet article ne le fixe pas non plus comme « code des Zhou occidentaux ». La ligne avec les pièces Han sur le code en neuf chapitres et l'abolition des mutilations est claire : celles-là sont des institutions Han ; celui-ci est un code de texte Zhou dans le Shang Shu.
Entre les deux pages
Lus ensemble, les deux pages donnent du concret : cinq noms de peine, cinq prix, trois mille articles, la procédure des deux parties, cinq discours, cinq peines, cinq amendes et cinq fautes, et les variantes — Lü Xing et Fu Xing, six cents et cinq cents pour la castration, mo et qing, fei et bin. Ce qu'elles ne donnent pas est tout aussi concret : aucun verdict, aucun chiffre d'exécution, aucune conversion. Les chiffres de huan sont cités tels quels, sans poids de métal ni monnaie moderne ; les noms et le titre sont cités du texte ; et aucun verdict général sur « la cruauté antique » n'est offert. L'article fait une chose : exposer les clauses et rendre clair ce que signifie « où il y a doute ».
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Sources et lectures complémentaires
- 《尚书·吕刑》(维基文库本,未与点校本复核) — The code in full. Opening: 'the king had held the realm a hundred years, was old, and broadly made the penal code to bring order to the four quarters' (惟呂命:王享國百年,耄,荒度作刑,以詰四方). The origin story: the Miao 'made the five cruel punishments, calling them law' (惟作五虐之刑曰法,殺戮無辜); then Bo Yi, Yu and Hou Ji, and 'the officers made the people live within the middle of punishment' (士制百姓于刑之中). The five punishments are listed by their redemption prices: 'for branding, where doubtful, remission, and the fine is a hundred huan, and the crime is verified; for the nose, double; for the feet, double-and-differenced; for castration, six hundred huan; for death, a thousand huan' (墨辟疑赦,其罰百鍰……大辟疑赦,其罰千鍰), each with 'the crime is verified' (閱實其罪). The item counts: 'branding a thousand, the nose a thousand, the feet five hundred, castration three hundred, death two hundred; the five punishments three thousand items' (五刑之屬三千). The procedure: 'when both parties are present, the officers hear the five speeches … settled by the five punishments … the five fines … the five faults; the defects of the five faults are the office, the reversal, the inner, the goods, the solicitation' (兩造具備……五過之疵,惟官、惟反、惟內、惟貨、惟來), with 'where the five punishments are doubtful there is remission … let the case be carefully examined' (五刑之疑有赦……其審克之), 'be clear about one-sided speeches' (明清于單辭), 'goods from a case are no treasure' (獄貨非寶), 'not the eloquent but the good decide cases' (非佞折獄,惟良折獄), and 'punishments are light in one age and heavy in another' (刑罰世輕世重). The page carries textual variants in its own notes: the castration price is given as six hundred huan, with a variant reading five hundred.
- 《史记》卷四·周本纪(西汉司马迁;维基文库本,未与点校本复核) — The Western Han retrospective that gives the parallel text and the variants. 'When the nobles were not at peace, the Marquis of Fu spoke to the king and made the revised penal code' (諸侯有不睦者,甫侯言於王,作《修刑辟》). The prices: 'for branding, where doubtful, a hundred shuai; for the nose, double; for the feet, double-and-differenced; for castration, five hundred shuai; for death, a thousand shuai — the crime verified in each case' (黥辟疑赦,其罰百率……宮辟疑赦,其罰五百率……大辟疑赦,其罰千率), and the counts 'branding a thousand, the nose a thousand, the feet five hundred, castration three hundred, death two hundred: three thousand items'. It closes 'it was named the Fu Xing' (命曰甫刑). Differences to keep: qing for mo, bin for fei, five hundred shuai for castration against the Lü Xing's six hundred huan (with a five-hundred variant on that page), and 'the five speeches are simply trusted' (五辭簡信) for the Lü Xing's 'credible' (簡孚). The page's note quotes Xu Guang that 'shuai is huan' (率即鍰也). The passage is placed under King Mu; it gives no year for the code and no case.




