Le dernier sacrifice de l'année est écrit deux fois dans le Liji : une fois comme une définition — « le zha est une quête : au douzième mois de l'année il rassemble toutes choses et cherche à les festoyer » (蜡也者,索也,歲十二月,合聚萬物而索饗之也) — et une fois seulement comme une ligne de conversation, quand Zi Gong regarda le zha et dit « tout le pays est comme fou » (一國之人皆若狂). Dans la même saison il y a un autre sacrifice, le she, l'autel du sol. Les trois pages les tiennent à part, et cet article aussi.

Le zha est une quête

Le Jiao te sheng fixe d'abord l'échelle : « le grand zha du Fils du Ciel a huit parties ; Yi Qi fut le premier à faire le zha » (天子大蜡八。伊耆氏始為蜡). Puis les destinataires, l'un après l'autre : « dans le sacrifice zha, le principal est les premières moissons, et le second le maître des moissons ; les cent semences sont sacrifiées pour rendre grâce aux moissons » (主先嗇而祭司嗇也,祭百種以報嗇也) ; les paysans, les relais de poste et les chemins des champs, les oiseaux et les bêtes sont tous festoyés, « le comble de la bienveillance, le comble du devoir » (仁之至,義之盡也). Deux animaux sont nommés : « le chat est accueilli parce qu'il mange les rats des champs ; le tigre est accueilli parce qu'il mange les sangliers des champs — on les accueille et on les sacrifie » (迎貓……迎虎……迎而祭之也). Il y a aussi la digue et le canal d'eau, et une prière de quatre lignes : « que la terre retourne à sa demeure, que l'eau retourne à son lit, que les insectes ne se lèvent pas, que l'herbe et les arbres retournent au marais » (土反其宅,水歸其壑,昆蟲毋作,草木歸其澤).

Le vêtement est prescrit aussi : « bonnet de cuir et vêtements simples pour le sacrifice ; les vêtements simples sont pour reconduire la fin ; une ceinture de chanvre et un bâton de noisetier, la forme diminuée du deuil » (皮弁素服而祭……葛帶榛杖,喪殺也). Une seconde tenue sert au repos des paysans : « vêtements jaunes et bonnet jaune pour le sacrifice, afin de reposer les travailleurs des champs ; les hommes des campagnes portent le bonnet jaune, et le bonnet jaune est un vêtement d'herbe » (黃衣黃冠而祭,息田夫也……黃冠,草服也). Les huit parties sont liées à la récolte : « les huit zha enregistrent les quatre directions ; là où l'année n'est pas favorable, les huit zha ne se tiennent pas, par souci des biens du peuple ; là où elle est favorable, le zha se tient, pour mouvoir le peuple » (八蜡以記四方……). Après le zha la récolte est rentrée et le peuple repose, et « c'est pourquoi après le zha l'homme de bien n'entreprend pas de travaux » (既蜡而收,民息已).

Tout le pays comme fou

La scène que vit Zi Gong est consignée dans le Za Ji, seconde partie : « Zi Gong assista au zha. Confucius dit : Ci, y prends-tu plaisir ? Il répondit : tout le pays est comme fou — je ne vois pas où est le plaisir. Le Maître dit : cent jours de zha, un jour de grâce — cela dépasse ton entendement. Tendre sans jamais relâcher, même Wen et Wu ne le pouvaient ; relâcher sans jamais tendre, même Wen et Wu ne le feraient pas ; un temps de tension, un temps de relâchement — c'est là la voie de Wen et Wu » (子貢觀於蜡……一張一弛,文武之道也). Les locuteurs sont marqués : Confucius demande, Zi Gong répond. « Tout le pays comme fou » est une réplique à l'intérieur de cet échange, non un compte de personnes ni une enquête sur les mœurs.

Le même chapitre ajoute des dispositions : les Grands Luo, qui gardaient les oiseaux et les bêtes du Fils du Ciel, recevaient le tribut des seigneurs ; ils venaient « avec des chapeaux de paille, honorant le vêtement des champs » (草笠而至,尊野服也) ; « Luo présenta le cerf et les femmes, et fit avertir les hôtes, pour avertir les seigneurs : ceux qui aiment la chasse et aiment les femmes perdent leur État » (羅氏致鹿與女……好田、好女者亡其國). Le zha a deux costumes — bonnet de cuir et vêtements simples avec ceinture de chanvre et bâton de noisetier pour les sacrificateurs, vêtements et bonnets jaunes pour les paysans au repos. Ce sont les clauses sur le vêtement et les présents, non le récit d'une journée.

Le she sacrifie le sol

Le she est autre chose. Le Jiao te sheng : « le she sacrifie le sol et prend la force sombre pour maître ; le souverain fait face au sud au pied du mur nord, répondant au sombre. Le jour employé est le premier du cycle, le commencement des jours. Le grand she du Fils du Ciel doit recevoir gelée, rosée, vent et pluie, pour atteindre la force du ciel et de la terre. Aussi le she d'un État détruit est-il couvert, ne recevant pas le yang du ciel ; le she Bo a une fenêtre au nord, laissant le sombre devenir clair. Le she est la manière dont la voie de la terre est rendue divine » (社祭土而主陰氣也……社,所以神地之道也). Une ligne joint maison et État : « le maître de maison fait du conduit central son she, l'État fait du she son autel, montrant la racine » (家主中霤而國主社,示本也).

Le she exige aussi des hommes et du travail : « pour l'affaire du she, tout le li se met en marche ; pour la chasse du she, tout le peuple travaille ; pour le she, les qiu et cheng fournissent le grain sacrificiel — ainsi pour rendre à la racine et revenir au commencement » (唯為社事,單出里……所以報本反始也). Que tout le li sorte est la lecture courante de dan chu li ; la page ne donne pas de note. Le she est lié aussi à la guerre : « au dernier mois du printemps on envoie le feu pour brûler ; puis on compte les chars et les levées et l'on passe les compagnies en revue, et le souverain en personne jure au she, pour exercer l'armée … aussi, à la guerre ils vainquent, et au sacrifice ils reçoivent la bénédiction » (君親誓社,以習軍旅……).

Choisir un premier jour, ordonner le she du peuple

Le Yue Ling donne au she sa saison : « au deuxième mois du printemps … choisir un premier jour et ordonner le she du peuple » (仲春之月……擇元日,命民社). Le même passage enchaîne sur des ordres : « commander aux officiers d'inspecter les prisons, d'ôter les cangues et les menottes, de ne permettre aucun coup hasardeux, et d'arrêter les procès » (命有司省囹圄……止獄訟). Le she n'est pas ici un rite isolé mais un article parmi les ordres du deuxième mois.

Mis côte à côte, la différence est claire. Le zha tombe au « douzième mois de l'année » ; le she au deuxième mois du printemps, un premier jour choisi. Le zha « rassemble toutes choses et cherche à les festoyer », ses destinataires les premières moissons, le maître des moissons, les cent semences, les paysans, les relais et les chemins, oiseaux et bêtes, chat et tigre, digue et canal ; le she « sacrifie le sol et prend la force sombre pour maître », le souverain face au sud au mur nord, un premier jour. Le zha se clôt sur « la récolte rentrée et le peuple reposé » ; le she sur « rendre à la racine » et « exercer l'armée ». Les pages ne les font jamais une seule chose.

Entre les pages

Les trois pages sont des livres de rites et de calendrier, non des relevés de mœurs : pas de nombre de participants, pas de coûts, pas de variantes locales ; le zha n'est daté que du « douzième mois », le she que du « deuxième mois du printemps » et d'un « premier jour », et aucune date moderne n'est fournie. « Tout le pays comme fou » n'est cité que comme réplique, jamais comme statistique ; présents, dates et règles pour les participants sont cités tels qu'écrits, sans rien ajouter. Aucun verdict général sur le « respect ancien de la nature » n'est proposé, et le zha et le she ne sont pas fondus en un seul sujet appelé « fêtes antiques » — ils n'étaient pas une seule chose.

À lire aussi:Chengpu : le jour du repli de trois she · L'appel depuis le toit : une mort, étape par étape · Registres et statuts : ce que les Shang avaient, ce qui en subsiste

Sources et lectures complémentaires

  1. 《礼记·郊特牲》(维基文库本,未与点校本复核) — The two rites described in one chapter, kept apart. The zha: 'the Son of Heaven's great zha has eight parts; Yi Qi was the first to make the zha. The zha is a seeking: in the twelfth month it gathers all things and seeks to feast them' (蜡也者,索也,歲十二月,合聚萬物而索饗之也); the recipients — first grains, master of grains, hundred seeds, farmers, post-stations and field paths, birds and beasts, cat and tiger, dyke and channel; the prayer 'earth return to its dwelling, water return to its channel, insects do not rise, grasses and trees return to the marsh'; the dress — leather cap and plain clothes, hemp belt and hazel staff, 'the diminished form of mourning', and yellow clothes and yellow caps 'to rest the field workers'; 'where the year is not favourable, the eight zha are not held' (四方年不順成,八蜡不通); and 'after the zha the harvest is stored and the people rest' (既蜡而收,民息已). The she: 'the she sacrifices the soil and takes the dark force as its master; the ruler faces south at the foot of the north wall' (社祭土而主陰氣也,君南鄉於北墉下); 'the day used is the first of the cycle' (日用甲); 'the great she must receive frost, dew, wind and rain' (必受霜露風雨); 'the she of a destroyed state is roofed over' (喪國之社屋之); 'the householder makes the central drain its she, the state the she its altar' (家主中霤而國主社); and the labour and war clauses — 'for the she's business the whole li turns out' (唯為社事,單出里), 'for the she's hunt all the people work', 'the qiu and cheng contribute the sacrificial grain', 'the ruler in person swears at the she, to practise the army' (君親誓社,以習軍旅).
  2. 《礼记·杂记下》(维基文库本,未与点校本复核) — The dialogue that gives the zha its famous line: 'Zi Gong watched the zha. Confucius said: Ci, are you enjoying it? He answered: The whole country is as if mad — I do not know what there is to enjoy. The Master said: a hundred days of zha, one day of grace — that is beyond you. To stretch and never slacken, even Wen and Wu could not; to slacken and never stretch, even Wen and Wu would not do; one stretch, one slackening — that is the way of Wen and Wu' (子貢觀於蜡……一張一弛,文武之道也). The speakers are explicit — Confucius asks, Zi Gong answers — and the 'as if mad' is inside the exchange, not a description of custom.
  3. 《礼记·月令》(维基文库本,未与点校本复核) — The she's place in the calendar, in the second month of spring: 'choose a first day and order the people's she' (擇元日,命民社), immediately followed by orders to inspect the prisons, remove stocks and shackles, allow no reckless beating and stop litigation (命有司省囹圄,去桎梏,毋肆掠,止獄訟). The chapter also lists the summer and winter sacrifices to the 'altars of soil and grain' (社稷) among the seasonal duties, which is the wider calendar setting; the dating of the she is given only as the second month and a chosen first day.