Une seule infraction, et une phrase pour l'innombrable. Le traité du Shiji sur la balance des prix, parlant de la monnaie de l'empereur Wu : « fabriquer fausse monnaie d'or ou d'argent est un crime capital, et parmi les officiers et le peuple ceux qui fabriquaient du métal blanc étaient innombrables » (盜鑄諸金錢罪皆死,而吏民之盜鑄白金者不可勝數). Plus loin dans le même chapitre, une phrase plus directe : « les coupables étaient si nombreux que les officiers ne pouvaient pas les exécuter tous » (犯者眾,吏不能盡誅取). Cet article porte sur ce qui se trouve entre ces deux phrases : une peine capitale, et les gens qu'elle n'a pas arrêtés.

Un : d'abord permis, ensuite interdit

Cela commence par une permission. Sous l'empereur Wen, dit le Shiji, « la monnaie devint de plus en plus abondante et légère ; on frappa donc des pièces de quatre zhu portant l'inscription Ban Liang, et l'on permit au peuple de fondre de la monnaie librement » (令民縱得自鑄錢). Le traité des Han formule la même mesure autrement : « comme la monnaie était abondante et légère, on frappa des pièces de quatre zhu portant l'inscription Ban Liang ; l'interdiction de la fonte privée fut levée, et le peuple fut autorisé à fondre librement » (除盜鑄錢令,使民放鑄). Une page dit que le peuple fut laissé libre de fondre ; l'autre que la défense fut levée. Les deux sont citées ici. La suite est sur la même page : « le seigneur de Wu, quoique feudataire, fondait de la monnaie au pied des montagnes et sa richesse égalait celle du Fils du Ciel… Deng Tong, un grand officier, fondait de la monnaie et sa fortune surpassait celle d'un roi. Aussi les pièces des Wu et des Deng se répandirent-elles par le royaume, et l'interdiction de fondre naquit de là » (故吳、鄧氏錢布天下,而鑄錢之禁生焉).

Quarante ans et plus passent, jusqu'à l'empereur Wu : « depuis que l'empereur Wen a refrappé la pièce de quatre zhu jusqu'à cette année, il y a plus de quarante ans ; depuis l'ère Jianyuan la monnaie est peu employée, les offices fondent souvent au pied des monts cuivreux, et le peuple aussi fond en cachette au-delà de tout compte ; la monnaie devient plus abondante et plus légère, les marchandises plus rares et plus chères » (民亦閒盜鑄錢,不可勝數。錢益多而輕,物益少而貴). Puis vient la réforme — les pièces de demi-liang fondues, les pièces de trois zhu frappées, les trois grades de métal blanc émis — et immédiatement après, la peine.

Deux : une peine de mort

La phrase de la peine est presque mot pour mot dans les deux livres. Le Shiji : « fabriquer fausse monnaie d'or ou d'argent est un crime capital, et parmi les officiers et le peuple ceux qui fabriquaient du métal blanc étaient innombrables » (盜鑄諸金錢罪皆死,而吏民之盜鑄白金者不可勝數). Le traité des Han : « fabriquer fausse monnaie d'or ou d'argent est un crime capital, et parmi les officiers et le peuple ceux qui commettaient le crime étaient innombrables » (盜鑄諸金錢罪皆死,而吏民之犯者不可勝數). La première moitié est identique ; la seconde dit « fabriquaient du métal blanc » d'un côté et « commettaient le crime » de l'autre, et les deux sont laissées côte à côte. Ce que les pages donnent n'est que ce niveau — « le crime est la mort » — et aucune liste de peines. Les mots « exposition au marché » (棄市) figurent dans la remontrance de Jia Yi, et sont cités comme de lui.

La remontrance de Jia Yi tient un compte des peines. La loi, dit-il, laissait chacun fondre cuivre et étain en monnaie sous licence et faisait de l'adultération au plomb ou au fer un crime de marque — « or, dans la nature de la fonte, si l'on n'adultère pas le métal on ne peut gagner, et l'adultération est très légère tandis que le profit est très grand » (非殽雜為巧,則不可得贏;而殽之甚微,為利甚厚) ; aussi « quoique le crime de marque soit dénoncé chaque jour, la pratique ne s'arrête pas » (雖黥罪日報,其勢不止). Il compare les deux : « autrefois, quand la fonte était interdite, les peines de mort s'accumulaient en bas ; maintenant qu'elle est publique, les peines de marque s'accumulent » (曩禁鑄錢,死罪積下;今公鑄錢,黥罪積下). C'est son argument, et il est marqué comme sien.

Trois : des centaines de milliers de condamnés

L'échelle tient en une suite de phrases, et les mesures sont citées telles quelles : « après la fabrication du métal blanc et des pièces de cinq zhu, cinq ans plus tard, ceux parmi les officiers et le peuple condamnés à mort pour fonte d'or furent graciés — plusieurs centaines de milliers. Ceux qui s'entretuèrent avant d'être découverts ne peuvent être comptés. Ceux qui se livrèrent et furent graciés dépassaient le million. Pourtant moins de la moitié se présenta, et dans le royaume à peu près tout le monde fondait de la monnaie. Les coupables étaient si nombreux que les officiers ne pouvaient pas les exécuter tous » (赦吏民之坐盜鑄金錢死者數十萬人……犯者眾,吏不能盡誅取). Plusieurs centaines de milliers, plus d'un million, « ne peuvent être comptés » — chacune est une mesure du texte ; cet article n'en additionne aucune, ne calcule aucun total et n'en convertit aucune en chiffre moderne.

Pourquoi cela ne pouvait s'arrêter, la page l'explique par cette seule proposition : les coupables étaient trop nombreux pour être exécutés. Cet article n'ajoute au-dessus aucune théorie de la souveraineté monétaire ni de la capacité de l'État ; il ne lit pas non plus « dans le royaume à peu près tout le monde fondait de la monnaie » comme une statistique — c'est un résumé, et il est copié comme un résumé.

Quatre : monnaie plus légère, loi plus lourde

Ce qui suit est le resserrement, phrase par phrase. « Les commanderies et les royaumes fondaient beaucoup de fausse monnaie, et les pièces étaient surtout légères ; les ministres demandèrent donc que la capitale frappât la pièce à bord rouge de l'office de la cloche, une pour cinq, et que dans les taxes et les paiements officiels rien d'autre ne passât. » Puis : « le métal blanc devint un peu vil, le peuple ne le tenait plus en estime, et les offices l'interdirent par ordre, sans effet. » Puis : « deux ans après, la pièce à bord rouge était vile, le peuple l'employait par des tours ingénieux, elle était incommode, et elle fut abolie. » Puis la clôture : « là-dessus, toutes les commanderies et royaumes furent interdits de fondre, et la fonte fut donnée en propre aux trois offices du parc Shanglin. La monnaie étant abondante, il fut ordonné que rien d'autre que la monnaie des trois offices ne circulât, et toutes les pièces fondées auparavant dans les commanderies furent abolies et fondues, leur cuivre envoyé aux trois offices. La fonte privée diminua, car le coût ne pouvait être couvert ; seuls de vrais artisans et de grands scélérats fondaient encore illégalement » (唯真工大姦乃盜為之).

Mettez la phrase de Jia Yi à côté de ce passage, et cela vaut la peine d'être noté : « si l'on interdit la fonte, la monnaie sera lourde ; lourde, le profit est profond, et les faux-monnayeurs se lèvent comme des nuages, et la peine de l'exposition au marché ne suffit plus à les arrêter » (棄市之罪又不足以禁矣). Ce que la page plus tardive enregistre, c'est que « la fonte privée diminua, car le coût ne pouvait être couvert ». L'une est une prédiction sur l'interdiction, l'autre un constat après coup, d'un autre règne. Elles sont mises côte à côte ; cet article n'utilise pas le constat tardif pour réfuter le discours antérieur, et ne tranche pas entre eux.

Cinq : au-delà de ces deux pages

La limite doit être dite : l'inscription et le poids de la pièce de demi-liang, les trois reprises du droit de frapper les cinq zhu, et les nouvelles monnaies de peau de cerf et de métal blanc sont d'autres sujets. Cet article ne traite que la fausse monnaie, sa peine et le nombre des condamnés, et ne raconte pas le développement de la monnaie. Les pages ne donnent pas non plus l'analyse physique d'une seule fausse pièce, la taille d'un atelier privé, un jugement réel, une liste complète des peines, ni la procédure de la grâce. Rien de cela n'est fourni.

La dernière limite porte sur les nombres : « plusieurs centaines de milliers », « plus d'un million », « ne peuvent être comptés » et « innombrables » sont les mesures du texte. Elles sont copiées, non additionnées, non transformées en total, non converties en valeurs modernes ; et aucune théorie générale de la souveraineté monétaire n'est bâtie dessus. Ce que les pages laissent, c'est une phrase qui fait du crime une affaire capitale, une phrase disant que les officiers ne pouvaient pas les exécuter tous, et un dénouement où la loi se resserre et où des hommes fondent encore dans l'ombre.

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Sources et lectures complémentaires

  1. 司马迁《史记》卷三十〈平准书〉(维基文库本,未与点校本复核) — The main narrative of the coinage and its forgeries. Emperor Wen's relaxation: 'the coin became more and more plentiful and light, so four-zhu coins were cast, with the inscription Ban Liang, and the people were allowed to cast coins freely' (令民縱得自鑄錢), after which the Wu and Deng coins 'spread through the realm, and the prohibition on casting coins arose'. Under Emperor Wu, after more than forty years: 'the offices often coined at the copper mountains, and the people also cast privately beyond count; the coins grew more numerous and lighter' (民亦閒盜鑄錢,不可勝數。錢益多而輕). Then the penalty clause — 'forging any of the gold coins is a capital offence' (盜鑄諸金錢罪皆死) — and the scale: 'after the white-metal and five-zhu coins were made, five years later, those among officials and people who had been condemned to death for coining gold were pardoned — several hundred thousand of them; those who killed each other before discovery cannot be counted; those who gave themselves up were over a million; yet not half came forward, and in the realm generally everyone was coining; offenders were so many that the officials could not execute them all' (赦吏民之坐盜鑄金錢死者數十萬人……犯者眾,吏不能盡誅取). It ends with the monopoly: 'all commanderies and kingdoms were forbidden to coin, and the casting was given solely to the three offices of the Shanglin park… coins not of the three offices might not circulate, and the coins previously cast in the commanderies were all abolished and melted, their copper sent to the three offices; private coining grew less, since the cost could not be matched — only true artisans and great villains still coined illegally' (唯真工大姦乃盜為之).
  2. 《汉书》卷二十四〈食货志〉(维基文库本,未与点校本复核) — The parallel account, used for the policy wording and Jia Yi's remonstrance. 'In the fifth year of Emperor Wen, because the coins were plentiful and light, four-zhu coins were cast with the inscription Ban Liang; the prohibition on private coining was removed, and the people were allowed to cast freely' (除盜鑄錢令,使民放鑄). Jia Yi's objection argues from the penalty ladder: the law allowed casting under licence but made adulteration with lead or iron a branding offence, yet 'unless the coin is adulterated one cannot profit, and the adulteration is very slight while the profit is very great… though branding be reported daily, the practice does not stop' (雖黥罪日報,其勢不止); and 'formerly, when coining was forbidden, death sentences accumulated below; now that it is public, branding sentences accumulate' (曩禁鑄錢,死罪積下;今公鑄錢,黥罪積下). He adds: 'if coining is forbidden, coins will be heavy; heavy means the profit is deep, and forgers rise like clouds, and the penalty of exposure in the market is again not enough to stop them' (棄市之罪又不足以禁矣). The same chapter repeats the penalty clause in the same words as the Shiji: 'forging any of the gold coins is a capital offence, and of officials and people who committed it there were countless numbers' (盜鑄諸金錢罪皆死,而吏民之犯者不可勝數).